En Équateur, près de Alausi, un village à plus de 3.500 mètres d'altitude, il fait froid, j'assiste sans participer à une réunion où 21 femmes du villages - la plupart sont chef de famille, le mari a émigré à Quito ou aux États-Unis, ou bien elles ne sont pas mariées - débattent de projets collectifs, pour ce que j'en sais - la conversation est en Quechua. À la fin de la réunion, on me propose - en Espagnol - de participer. Je suis assis sur un tabouret face à 21 femmes en jupes colorées et chapeau noir, assises en demi-cercle face à moi. Échanges de banalités et politesses, et l'une d'entre elles se lève, le doigt en l'air comme si elle était en classe et demandait le droit de parler. Elle veut savoir si el compañero est marié. Je réponds oui, pour ne pas rentrer dans les détail de l'union libre, du concubinage notoire, etc., et j'ai une petite fille, avec un sourire avenant. Brouahaha, moues de déception, les 21 dames se lèvent et quittent la réunion.
Hugo m'a expliqué, après, que 21 espérances de visa pour l'Europe avaient disparu d'un coup.
vendredi 10 octobre 2008
jeudi 9 octobre 2008
Dormir à la frontière
São Domingos est la petite ville de Guiné Bissau qui fait frontière avec le Sénégal. Nous y étions arrivés le soir, pour passer la frontière le lendemain matin au plus tôt afin d'aller à Zinguichor attraper un avion pour Dakar, et de là retourner à Lisbonne.
Après plusieurs heures dans la vieille 4L de Helder sur une route douteuse, nous étions arrivés de nuit, et étions partis á la recherche d'un endroit pour passer la nuit. On nous indique un chemin, et il y a en effet une maison blanche, propre, éclairée par un groupe électrogène silencieux: un petit paradis sur une terre qui paraissait sombre et poussiéreuse. Deux jeunes filles, très belles et très souriantes, en robe blanche, attendent sur le pas de la porte et nous accueillent. Nous voudrions deux chambres. «Non», dans un sourire, en montrant la maison d'à côté, qui est la pension du coin. Noire. Un gardien saoul dort en travers de la porte. Il grogne, nous emmène, une bougie à la main, dans une chambre que nous n'arrivons pas à voir. Nous avons dormi habillés, et évité la salle de bain - un fut de 200 litres d'eau posé sur un carrelage.
Après plusieurs heures dans la vieille 4L de Helder sur une route douteuse, nous étions arrivés de nuit, et étions partis á la recherche d'un endroit pour passer la nuit. On nous indique un chemin, et il y a en effet une maison blanche, propre, éclairée par un groupe électrogène silencieux: un petit paradis sur une terre qui paraissait sombre et poussiéreuse. Deux jeunes filles, très belles et très souriantes, en robe blanche, attendent sur le pas de la porte et nous accueillent. Nous voudrions deux chambres. «Non», dans un sourire, en montrant la maison d'à côté, qui est la pension du coin. Noire. Un gardien saoul dort en travers de la porte. Il grogne, nous emmène, une bougie à la main, dans une chambre que nous n'arrivons pas à voir. Nous avons dormi habillés, et évité la salle de bain - un fut de 200 litres d'eau posé sur un carrelage.
mercredi 8 octobre 2008
Qat à Djibouti
Em 1995. C'était une réunion avec le syndicat des bouchers, pour discuter de l'opportunité d'un crédit qui aurait permis l'achat d'un fourgon frigorifique. Réunion dans la salle de prière avec un collègue franco-marocain, qui gère le projet et fait l'interprète - pour ce qu'il peut. On me propose du qat, que je mache avec application. C'est très amer, et servi avec force thé sucré ou coca-cola, au choix. Je bois les deux. Le qat me provoque une visible euphorie. Je sors, après trois bonnes heures de discussion, dans une crise de fou rire et avec une irrésistible envie de faire pipi, des litres de de thé et coca avalés pendant la réunion.
mardi 7 octobre 2008
Sur le toit du train, en Equateur
C'était en 1996, à Alausi, en Équateur. J'ai voyagé sur le toit du train, qui part de Riobamba, s'arrête á Alausi et va jusqu'á Guyaquil.
C'etait un dimanche, le seul moment de tourisme de 15 jours de travail dur avec Donata et Hugo. les deux étaient venus, chacun avec sa fille, et moi bien sur tout seul. La gare d'Alausi est toute petite, et se remplit de dizaines de personnes qui voyagent avec des bagages énormes, tout ce qu'ils ne pourraient pas transporter en car, pour l'essentiel des marchandises achetées ou à vendre. Et finalement très peu de touristes. L'idée de voyager sur le toit est venue un peu toute seule, comme un jeu - on fait comme les Equatoriens. Qui ne voyagent pas sur le toit s'ils peuvent payer le billet pour voyager assis, bien sûr.
J'ai commencé à avoir le vertige avant que le train démarre. Le controleur passe vérifier les billets, il faut bien lacher une main pour montrer son ticket, pour le laisser passer ses pieds. Hugo et sa fille sont à l'aise, Donata et la sienne visiblement moins, moi je fais semblant avec un sens de la comédie apuré.
On s'habitue après quelques minutes, passer le long de précipices qui feraient peur à pied laisse, sur le toit du train, une drôle d'impression. Le passage des tunnels est surréaliste: d'nstinct, on se penche, on voudrait s'allonger à plat ventre sur le toit. Mais ça passe, bien sûr. Et il y a ce moment où le virage, trop serré pour un train, se fait en deux fois, comme une voiture à la manoeuvre dans un parking: marche arrière sur un tronçon de voie, reprise en avant, le virage est passé.
On a payé le chauffeur d'une fourgonnette pour revenir en voiture, après un goûter et une balade dans la montagne. Donata et sa fille devant, Hugo, sa fille et moi derrière sous la pluie.
C'etait un dimanche, le seul moment de tourisme de 15 jours de travail dur avec Donata et Hugo. les deux étaient venus, chacun avec sa fille, et moi bien sur tout seul. La gare d'Alausi est toute petite, et se remplit de dizaines de personnes qui voyagent avec des bagages énormes, tout ce qu'ils ne pourraient pas transporter en car, pour l'essentiel des marchandises achetées ou à vendre. Et finalement très peu de touristes. L'idée de voyager sur le toit est venue un peu toute seule, comme un jeu - on fait comme les Equatoriens. Qui ne voyagent pas sur le toit s'ils peuvent payer le billet pour voyager assis, bien sûr.
J'ai commencé à avoir le vertige avant que le train démarre. Le controleur passe vérifier les billets, il faut bien lacher une main pour montrer son ticket, pour le laisser passer ses pieds. Hugo et sa fille sont à l'aise, Donata et la sienne visiblement moins, moi je fais semblant avec un sens de la comédie apuré.
On s'habitue après quelques minutes, passer le long de précipices qui feraient peur à pied laisse, sur le toit du train, une drôle d'impression. Le passage des tunnels est surréaliste: d'nstinct, on se penche, on voudrait s'allonger à plat ventre sur le toit. Mais ça passe, bien sûr. Et il y a ce moment où le virage, trop serré pour un train, se fait en deux fois, comme une voiture à la manoeuvre dans un parking: marche arrière sur un tronçon de voie, reprise en avant, le virage est passé.
On a payé le chauffeur d'une fourgonnette pour revenir en voiture, après un goûter et une balade dans la montagne. Donata et sa fille devant, Hugo, sa fille et moi derrière sous la pluie.
mercredi 1 octobre 2008
ça ne vient pas forcément dans l'ordre
Dans le désordre, des notes que je n'ai pas prises, pour raconter des histoires aussi vraies que la mémoire le permet.
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